commentaire pour opus 89a

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Musique concertante pour guitare et quatuor à cordes , op. 89a (1989)

I. Andante début

II. Burlesque

III. Arioso

IV. Finale début

 

Dédicace: pour Michael Tröster

Première: 11 mars 1990, Schweinfurt, Rathausdiele
Pia-Maria Grees / Susan Nesbet / Anne Christ / Duncan Emck / Adrian Jones


Durée: 23 Minutes

Maison d'édition : Vogt & Fritz VF 1060 / ISMN M 2026-1283-5

THOROFON classics CTH 2212

 

C'est ainsi que la Musique Concertante de Bertold Hummel révèle l'influence de la seconde Ecole viennoise. Le premier mouvement de cette oeuvre est basé sur des structures dodécaphoniques. On y entend à quatre reprises une série dodécaphonique. Elle est entonnée dès le début de l'oeuvre par l'alto et le violoncelle à l'unisson. Après un interlude de la guitare, dans lequel, tout comme dans les suivants, apparaissent des fragments de cette série dans un agencement moins strict, la série fondamentale est reprise par les cordes aigues - dans un mode différent cette fois, en inversion. On entend ensuite un autre interlude, qui se termine par un trémolo des cordes. Puis c'est la guitare qui se charge de la série dodécaphonique, qu'elle transpose d'abord de sol en la, puis, dans une nouvelle texture rythmique, en mi. Pour la dernière fois, un interlude (caractérisé par de puissants contrastes dynamiques) résonne aux oreilles de l'auditeur. Il se termine également par un trémolo des cordes, avant la quatrième exposition de la série. Les divers sons de la série dodécaphonique ne sont plus interprétés par un seul instrument mais ils parcourent toutes ]es voix - un procédé qu'Anton Webern avait déjà utilisé dans la section conclusive de sa Première Cantate, par exemple.

Le deuxième mouvement contraste fortement avec l'Andante introductif, à l'architecture stricte. Il se caractérise par le plaisir du jeu et par l'humour musical. La citation de la chanson "O, du lieber Augustin" et les métamorphoses qu'elle subit, allant jusqu'au grotesque, contribuent largement à son côté burlesque. En faisant entrer dans sa musique le monde du "cher Augustin", Bertold Hummel affirme à nouveau ses liens avec l'Ecole viennoise.
Schönberg, en effet, avait également payé tribut à l'ancienne mélodie populaire viennoise et à son héros, en les citant dans son Deuxième Quatuor à cordes.

Le troisième mouvement de la Musique Concertante, qui porte l'annotation "Arioso", prend à nouveau la forme d'un voyage dans le passé. Par son développement mélodique et par ses pointes contrapuntiques, il ramène l'auditeur à l'epoque baroque. Le finale est écrit en forme de rondo. Les passages dansants, dont le rythme en pulsations semble puiser son élan dans la musique sud-américaine, se trouvent engagés dans un duel piquant avec les phrases en forme de marche. Quelques moments lyriques s'y intercalent. C'est à l'élément dansant que revient
le dernier mot: après quelques glissandos parcourant des intervalles de septième, on l'entend une dernière fois - sous une forme sublimée pourrait-on dire - dans les sons harmoniques de la guitare.

Matthias Henke


Adrian Jones, Susan Nesbet, Anne Christ, Pia-Maria Grees, Duncan Emck, Bertold Hummel
Schweinfurt, 11.3.1990

 

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